En résumé : La sortie d'un PER se prépare des années à l'avance, pas le jour du départ à la retraite. Les erreurs les plus fréquentes concernent le choix capital/rente, l'oubli de la fiscalité selon le régime des versements, un déblocage en une seule fois au mauvais moment fiscal, et l'absence d'anticipation sur la transmission. Nous vous aidons à simuler chaque scénario avant de signer quoi que ce soit.
Confondre sortie en capital et sortie en rente sans simuler les deux
C'est l'erreur la plus répandue : décider trop tôt, ou par habitude, entre capital et rente viagère sans avoir chiffré les deux options. Depuis la loi Pacte, le PER permet une sortie en capital (totale ou fractionnée), en rente, ou un mix des deux. Chaque option a des conséquences fiscales et successorales très différentes, et le choix n'est pas toujours réversible une fois activé.
La rente viagère apporte de la sécurité mais elle est imposée chaque année comme une pension (avec un abattement de 10 %), et elle disparaît en grande partie au décès selon l'option choisie. Le capital offre plus de liberté de gestion mais expose à une fiscalité concentrée sur une ou deux années. Avant toute décision, nous recommandons de comparer les deux scénarios avec un simulateur intégrant votre tranche marginale d'imposition prévisionnelle.
Ignorer que la fiscalité dépend du régime des versements
Deuxième piège classique : traiter tout le PER de la même façon fiscalement. En réalité, la fiscalité à la sortie dépend de la nature des versements effectués pendant la phase d'épargne. Sur la part correspondant aux versements volontaires ayant été déduits du revenu imposable, le capital retiré est soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, avec des tranches qui devraient rester autour de 11 %, 30 %, 41 % et 45 % en 2026. Sur la part des plus-values, la flat tax de 30 % s'applique en général, prélèvements sociaux compris (environ 17,2 %).
Beaucoup d'épargnants découvrent trop tard qu'un retrait en capital important, sur des versements déduits, peut faire basculer une tranche entière de revenus dans la tranche à 41 % l'année du déblocage. C'est particulièrement vrai pour les personnes ayant aussi des revenus fonciers ou professionnels actifs cette année-là, un sujet que nous traitons régulièrement avec nos clients en défiscalisation.
Débloquer tout d'un coup, sans étaler dans le temps
Sortir 100 % d'un PER l'année du départ en retraite est souvent une erreur coûteuse. Un capital de 150 000 € versé en une fois vient s'ajouter au revenu imposable de l'année, ce qui peut faire grimper le taux moyen d'imposition de façon significative, parfois de plusieurs milliers d'euros par rapport à un étalement sur deux ou trois exercices fiscaux.
Les options de sortie fractionnée, prévues par la plupart des contrats, permettent de lisser cet impact. Elles supposent d'anticiper la demande plusieurs mois avant l'échéance, ce qui rejoint une règle simple : un PER se pilote, il ne se subit pas au dernier moment. Cette logique de lissage se retrouve aussi dans nos accompagnements en épargne et en investissements.
Oublier les cas de déblocage anticipé et leurs limites
Le PER prévoit des cas de sortie anticipée : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, ou cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire. Une erreur fréquente consiste à ignorer ces cas, ou à l'inverse à les utiliser sans mesurer l'impact sur le projet retraite initial.
Le déblocage pour achat de résidence principale, par exemple, reste soumis à la même fiscalité que le capital classique sur la part déduite : ce n'est pas une sortie exonérée d'impôt, contrairement à une idée reçue encore répandue. Nous conseillons systématiquement de vérifier ce point avant d'arbitrer un PER au profit d'un projet immobilier, en lien avec un prêt immobilier le cas échéant.
Ne pas penser à la transmission en cas de décès avant la sortie
Dernière erreur, moins visible mais coûteuse pour les proches : ne jamais avoir défini de clause bénéficiaire à jour sur son PER. En cas de décès avant le dénouement du plan, le capital est transmis selon des règles fiscales spécifiques, plus ou moins favorables selon l'âge de l'assuré au moment du décès et le support (assurance ou compte-titres) du PER.
Beaucoup de titulaires ouvrent un PER dans l'urgence pour défiscaliser une année donnée, sans jamais revoir la clause bénéficiaire ni l'articuler avec le reste de leur stratégie de transmission. Un point de contrôle tous les deux ou trois ans, notamment après un mariage, un divorce ou une naissance, évite bien des mauvaises surprises pour les héritiers.
Le mot local
À Tours et plus largement en Indre-et-Loire, nous accompagnons régulièrement des cadres, professions libérales et indépendants qui arrivent à l'approche de la retraite avec un ou plusieurs PER ouverts sur des années différentes, parfois chez des assureurs distincts. La question n'est jamais uniquement « capital ou rente » : elle dépend aussi de leur situation immobilière locale, souvent liée à un bien immobilier en Touraine, et de leurs autres revenus au moment du départ. Basés à Tours, nous prenons le temps de reconstituer l'historique de versements avant toute recommandation de sortie.
Questions fréquentes
Peut-on choisir une sortie mixte, capital et rente, sur un même PER ?
La sortie du PER pour achat de résidence principale est-elle exonérée d'impôt ?
Faut-il demander le déblocage plusieurs mois avant le départ en retraite ?
Vous approchez de la sortie de votre PER ?
Avant de faire votre demande de déblocage, faisons ensemble une simulation chiffrée de vos options capital, rente ou mix, adaptée à votre situation fiscale réelle. Contactez notre équipe à Tours pour un point de situation sans engagement.