En résumé : L'assurance multirisque professionnelle (MRP) regroupe en un seul contrat la protection des locaux, du matériel et de la responsabilité civile d'une entreprise, mais elle ne couvre ni la perte d'exploitation longue durée, ni certains risques spécifiques à un métier, ni les fautes professionnelles pointues. Avant de signer, il faut comparer les plafonds, les franchises et les exclusions plutôt que le seul montant de la cotisation, qui tourne en 2026 entre 300 € et 1 500 € par an pour une petite structure selon l'activité et la surface.
Qu'est-ce qu'une assurance multirisque professionnelle ?
La multirisque professionnelle, souvent abrégée MRP, est un contrat qui regroupe plusieurs garanties dans un seul package : dommages aux locaux et au matériel, responsabilité civile, et parfois pertes d'exploitation. L'idée est de mutualiser les protections que l'on retrouverait sinon dans des contrats séparés, avec un seul interlocuteur et une seule prime.
Ce type de contrat s'adresse aux commerces, artisans, professions libérales, TPE et PME. Il se distingue de l'assurance des professionnels au sens large, qui peut aussi inclure des garanties spécifiques à certains métiers, notamment dans le bâtiment ou les professions réglementées.
Ce que couvre une MRP dans la majorité des contrats
Les garanties de base, presque toujours incluses, portent sur les dommages aux biens : incendie, explosion, dégât des eaux, tempête, grêle, neige, et souvent le vol avec effraction. Le matériel professionnel, le mobilier, les stocks et parfois les aménagements intérieurs sont couverts jusqu'à un plafond fixé au contrat, généralement indexé chaque année sur un indice du bâtiment (autour de +3,4 % en 2026 sur certains contrats non révisés depuis longtemps).
- Responsabilité civile professionnelle : dommages causés à des tiers (clients, fournisseurs, voisins) dans le cadre de l'activité, avec des plafonds qui vont classiquement de 1 à 10 millions d'euros selon le secteur.
- Bris de glace et vandalisme : vitrines, enseignes, glaces de véhicules exposés.
- Perte d'exploitation courte : indemnisation du chiffre d'affaires perdu pendant l'arrêt lié à un sinistre couvert, en général sur une durée de 12 à 18 mois maximum.
- Protection juridique : prise en charge de frais d'avocat en cas de litige avec un client, un fournisseur ou un ancien salarié.
Pour les locaux détenus en propre, ces garanties s'articulent avec celles vues du côté de l'assurance des biens, notamment si l'entreprise possède aussi son immeuble.
Ce qu'elle ne couvre pas (et qu'il faut assurer à part)
C'est souvent là que les déconvenues arrivent : la MRP standard laisse de côté des pans entiers de risque, parfois cruciaux pour l'activité. Premier point d'attention, la faute professionnelle technique — erreur de conseil, malfaçon, retard de livraison lourd de conséquences — n'est couvrable que par une RC pro dédiée au métier, pas par la RC générale incluse dans une MRP basique.
- Cyber-risques : piratage, rançongiciel, fuite de données clients. La quasi-totalité des contrats MRP classiques les excluent purement et simplement, il faut une garantie spécifique.
- Catastrophes naturelles majeures : certaines zones inondables ou sujettes aux mouvements de terrain nécessitent une extension ou relèvent d'un régime particulier, avec des franchises qui peuvent atteindre 10 % du sinistre.
- Bâtiments en construction ou en rénovation lourde : ce sont plutôt les garanties liées à l'assurance construction qui s'appliquent, pas la multirisque du fonds de commerce.
- Perte d'exploitation longue : au-delà de 12 à 18 mois, l'entreprise n'est plus indemnisée, ce qui peut être fatal pour une activité à la reconstruction lente.
- Risques atypiques ou hors nomenclature : activités saisonnières, événementiel, matériel très spécifique — ces cas relèvent souvent des risques atypiques qui nécessitent un montage sur mesure.
Nous voyons régulièrement des contrats souscrits en ligne, rapidement, sur une grille standard, qui laissent un vrai trou de garantie sur l'activité réelle du client. C'est rarement visible au moment de la signature — ça l'est au moment du sinistre.
Combien coûte une multirisque professionnelle en 2026 ?
Les tarifs restent très dépendants de l'activité, de la surface des locaux, du chiffre d'affaires et de la sinistralité passée. À titre indicatif, une petite boutique ou un cabinet de profession libérale sans stock lourd se situe souvent entre 300 € et 700 € par an. Un commerce avec stock, une activité de restauration ou un atelier artisanal peut monter entre 800 € et 1 500 €, voire davantage si l'équipement est spécifique.
La franchise moyenne appliquée en 2026 tourne autour de 150 € à 300 € par sinistre sur les garanties dommages, et peut grimper nettement sur les garanties climatiques ou cyber en option. Ce qui pèse le plus dans le calcul du courtier n'est pas tant la surface que la valeur du matériel à assurer et l'historique de sinistres des trois dernières années.
Pour une entreprise qui structure aussi son patrimoine professionnel, il peut être pertinent de coupler cette réflexion assurance avec un point sur le financement, via un prêt professionnel ou une réflexion plus large côté patrimoine entreprise.
Comment bien choisir son contrat multirisque pro
Le réflexe le plus utile est de partir de l'activité réelle, pas de la grille tarifaire proposée en premier. Il faut lister précisément ce qui doit être protégé : valeur à neuf ou valeur vénale du matériel, montant réel des stocks en période de pointe, exposition aux tiers (public accueilli, sous-traitance), et durée réaliste de reconstruction en cas de sinistre lourd.
Ensuite, comparer les plafonds de RC pro, les délais de carence, les franchises et les exclusions ligne par ligne — pas seulement le montant de la prime annuelle. Un contrat 20 % moins cher avec un plafond de RC pro deux fois plus bas n'est pas un bon calcul.
C'est ce travail de comparaison que nous menons chez holis-courtage.fr, en repartant du besoin réel plutôt que d'une offre standard. Un simulateur en ligne peut donner un premier ordre d'idée, mais le passage par notre simulateur ne remplace pas un échange sur les spécificités du métier.
Le mot local
À Tours et plus largement en Indre-et-Loire, le tissu économique mêle commerces de centre-ville, artisans du bâtiment, professions de santé libérales et petites structures viticoles ou agricoles autour de la vallée de la Loire. Chacun de ces profils a une exposition très différente : un commerce rue Nationale n'a pas le même besoin de garantie vol qu'un atelier artisanal en zone industrielle à Chambray-lès-Tours ou Joué-lès-Tours. Nous accompagnons régulièrement des dirigeants du territoire pour ajuster leur multirisque pro à la réalité de leur activité locale, plutôt que de reprendre un contrat générique. Basés à Tours, nous connaissons aussi les spécificités des zones inondables proches de la Loire et du Cher, qui méritent une attention particulière sur les garanties climatiques.
Questions fréquentes
L'assurance multirisque professionnelle est-elle obligatoire ?
Quelle différence entre multirisque pro et RC professionnelle seule ?
Peut-on ajouter une garantie cyber à une multirisque pro existante ?
Combien de temps la perte d'exploitation est-elle indemnisée ?
Un doute sur ce que couvre vraiment votre contrat pro ?
Nous relisons vos garanties actuelles, identifions les trous de couverture et comparons les options adaptées à votre activité. Prenez contact avec notre équipe à Tours pour un point clair et sans jargon.